Hommage au penseur algérien, Mohammed Arkoun à la maison Diocésaine d'Alger.

El Watan.com le 22 10 10 à 15H 37

Un hommage sera rendu, mardi 26 octobre 2010 à 18h à la Maison Diocésaine, 22, rue d’Hydra-16 030-El Biar Alger, au penseur et islamologue, Mohammed Arkoun autour du thème : Islam et humanisme ; une pensée, un homme, Mohammed Arkoum.

Une conférence-hommage à plusieurs voix. Mohammed Arkoun (né en 1928 à Taourirt-Mimoun, en Kabylie (Algérie) - mort le 14 septembre 2010 à Paris est un intellectuel algérien, philosophe et historien de l'islam.

Un des professeurs les plus influents dans l'étude islamique contemporaine, il est professeur émérite d’histoire de la pensée islamique à la Sorbonne (Paris III), et enseigne l’« islamologie appliquée », discipline qu'il a développée, dans diverses universités européennes et américaines, en référence à l'anthropologie appliquée de Roger Bastide.

Parmi ses sujets de prédilection, l’impensé dans l’islam classique et contemporain. Mohammed Arkoun se situe dans la branche critique du réformisme musulman. Prônant le modernisme et l'humanisme islamique, il a développé une critique de la modernité dans la pensée islamique, et plaide pour un islam repensé dans le monde contemporain.

Il y a consacré de très nombreux ouvrages dont La Pensée arabe (Paris, 1975), Lectures du Coran (Paris, 1982), Penser l'islam aujourd'hui (Alger, 1993), ou encore The Unthought in Contemporary Islamic Thought (Londres, 2002).

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El Watan le, 28 10 2010 à 03 H

La maison diocésaine d’Alger a abrité, avant-hier, une conférence-hommage au penseur algérien Mohamed Arkoun, qui nous a quittés le 15 septembre dernier.

La conférence, qui a drainé un grand monde, dont l’archevêque d’Alger Ghaleb Bader, a été animée par Hamid Belloum, ingénieur polytechnicien, Brahim Sadi, maître de conférences à l’université de Tizi Ouzou et Hakim Amrouche, enseignant de philosophie à l’université de Tizi Ouzou. D’emblée, Brahim Sadi a rappelé, lors de son intervention, les résistances qu’a rencontrées Arkoun et sa pensée dans le monde musulman. «Dans sa critique de la raison islamique, Mohamed Arkoun a appliqué les méthodes des sciences humaines pour tenter une relecture du texte coranique.


Il a fait du texte coranique un objet d’étude, ce qui lui a valu les foudres de beaucoup de penseurs et théologiens du monde musulman», a souligné M. Sadi. Arkoun ne s’est pas contenté de critiquer ceux dans le monde musulman refusant toute approche critique, mais également, «il a vilipendé les orientalistes qu’il considérait comme étant un prolongement de la domination occidentale sur le monde musulman», a ajouté Brahim Sadi. Rejeté par le monde arabo-musulman et mal compris par l’Occident, Arkoun a pourtant consacré toute sa vie à «comprendre les raisons qui ont fait que les musulmans n’arrivent toujours pas à sortir des archaïsmes. Arkoun, dans sa critique de la raison islamique, a insisté sur le concept de clôtures dogmatiques qui consiste à dire que la Révélation a tout dit et a répondu à toutes les questions de l’homme. Mohamed Arkoun considère que cette vision s’est imposée aux philosophes musulmans», a ajouté le conférencier.


De son côté, Hamid Belloum s’est intéressé au parcours du penseur de Taourirt Mimoun et aux chantiers qu’il a ouverts pour «aider à comprendre le texte coranique qui a une structure mythique».
C’est dans ce sens que le jeune chercheur, Hakim Amrouche, s’est intéressé à «un Arkoun déconstructeur et archéologue du texte coranique. Un penseur qui dénonce une lecture dogmatique et dogmatisante du texte coranique».
Mohamed Arkoun, un géant de la pensée moderne, il faut le rappeler, ne s’est pas seulement consacré à étudier le texte coranique et la pensée islamique «réfractaire à la modernité», mais il a étudié également l’histoire politique des régimes politiques arabo-musulmans.

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